Un son qui disparaît, une barre de son limitée au stéréo ou un décalage entre l’image et les dialogues provient souvent d’un simple réglage de sortie numérique. Le mode PCM détermine qui décode le signal audio, avec quelles limites de canaux et dans quelles conditions il vaut mieux le préférer au bitstream. Je détaille ici son fonctionnement, les différences entre les deux modes et les réglages adaptés à un téléviseur, un lecteur, une console ou un amplificateur hi-fi.
Le bon réglage dépend surtout de l’appareil qui décode le son
- PCM signifie que l’appareil source décode l’audio avant de l’envoyer.
- Pour les haut-parleurs du téléviseur ou une installation stéréo, PCM est généralement le choix le plus sûr.
- Avec un ampli home cinéma compatible Dolby ou DTS, le bitstream conserve davantage de formats surround.
- Une liaison optique limite souvent le PCM au stéréo 2.0.
- Le HDMI eARC peut transporter du PCM multicanal non compressé, contrairement à de nombreuses liaisons S/PDIF.
À quoi correspond une sortie audio PCM
PCM signifie Pulse Code Modulation, ou modulation par impulsions codées. C’est la manière dont un signal sonore analogique est échantillonné puis représenté sous forme numérique. Un fichier WAV en 16 bits à 44,1 kHz, par exemple, contient des échantillons PCM du son original.
Dans les menus d’un téléviseur ou d’un lecteur, le choix PCM désigne généralement un signal déjà décodé et prêt à être converti en analogique. Le téléviseur, la console ou le lecteur traite donc la piste Dolby, DTS ou multicanale, puis transmet le résultat à l’ampli ou à la barre de son.
Ce point est souvent mal compris. PCM ne veut pas forcément dire mauvaise qualité, ni même stéréo dans tous les cas. Le PCM peut être stéréo ou multicanal, mais le nombre de canaux dépend de la connexion utilisée et des capacités des appareils.
PCM, LPCM et conversion analogique
Le terme LPCM, pour Linear PCM, désigne une forme non compressée du PCM. C’est cette mention que l’on rencontre souvent dans les réglages HDMI, les consoles et les lecteurs Blu-ray. Après la transmission numérique, le convertisseur numérique-analogique, ou DAC, transforme le flux en signal destiné aux enceintes.
Un réglage PCM ne rend donc pas automatiquement le son plus détaillé. La qualité dépend aussi du mixage, du niveau de compression, du DAC, de l’amplification et des enceintes. Dans une chaîne hi-fi correcte, la transparence de la conversion et l’acoustique de la pièce ont généralement plus d’impact qu’un changement de menu entre PCM et Auto.
PCM ou bitstream pour un téléviseur et une barre de son
La différence pratique tient à l’endroit où le décodage est effectué. En PCM, la source décode le signal. En bitstream, elle transmet un flux encodé à l’amplificateur ou à la barre de son, qui doit alors reconnaître et décoder le format Dolby ou DTS.
| Réglage | Qui décode | Usage conseillé | Limite principale |
|---|---|---|---|
| PCM | Téléviseur, lecteur ou console | TV, casque, ampli stéréo, appareil peu compatible | Peut réduire le son au stéréo |
| Bitstream | Ampli ou barre de son | Home cinéma compatible Dolby, DTS ou Atmos | Risque d’absence de son si l’appareil ne décode pas le format |
| Pass-through | Appareil audio externe | Transmission directe du format original | Dépend fortement du HDMI, de l’ARC ou de l’eARC |
Avec les haut-parleurs intégrés du téléviseur, je conseille de commencer par PCM ou Auto. Certains modèles basculent eux-mêmes en PCM lorsque leurs propres enceintes sont actives, comme l’indiquent plusieurs manuels Panasonic. Le menu peut toutefois conserver des appellations différentes selon la marque.
Avec une barre de son simple ou un ampli stéréo, PCM évite une grande partie des incompatibilités. Si l’appareil externe ne sait pas décoder le Dolby Digital ou le DTS, le bitstream peut produire un silence, des coupures ou un son réduit à un simple bruit numérique.
En revanche, un ampli home cinéma récent a intérêt à recevoir le signal encodé. Le bitstream ou le pass-through lui permet d’identifier la bande-son et de gérer correctement le surround, le Dolby Atmos ou le DTS, à condition que la liaison et l’appareil source soient compatibles.
Quel choix selon la connexion utilisée
La connectique impose parfois ses propres limites. Une sortie optique ou coaxiale S/PDIF transporte facilement du PCM stéréo, mais sa bande passante reste limitée pour le PCM multicanal non compressé. Pour une installation en 2.0, cela ne pose aucun problème. Pour un système 5.1 ou 7.1, le HDMI devient beaucoup plus intéressant.
Sortie optique et coaxiale
Sur une liaison optique, le PCM est généralement transmis en deux canaux. Pour obtenir du 5.1, il faut souvent utiliser un format compressé compatible, comme Dolby Digital ou DTS, envoyé en bitstream. C’est une raison fréquente pour laquelle une barre de son affiche PCM 2.0 malgré un film multicanal.
Si votre équipement est ancien, peu puissant ou uniquement stéréo, ce comportement est normal. Je préfère alors un PCM stable à un bitstream qui provoque des pertes de son. Le résultat sera stéréo, mais il restera propre et prévisible.
HDMI ARC et eARC
Le HDMI ARC offre davantage de possibilités que l’optique, mais il ne transporte pas tous les formats dans toutes les configurations. Le HDMI eARC, plus récent, autorise une bande passante supérieure et peut transmettre du PCM multicanal non compressé ainsi que des formats audio plus exigeants.
Pour profiter d’un son Atmos provenant d’une application intégrée au téléviseur, il faut généralement un téléviseur et un appareil audio compatibles eARC, un câble adapté et un réglage de pass-through correctement activé. Avec un ARC classique, le téléviseur peut convertir ou limiter le signal avant de l’envoyer à la barre de son.
Console, lecteur Blu-ray et ordinateur
Sur une console reliée directement à un ampli home cinéma, le PCM linéaire multicanal peut être excellent, car la console effectue le décodage. Si elle passe d’abord par le téléviseur, le résultat dépend du relais audio du téléviseur. Pour cette raison, je vérifie toujours le chemin complet du signal, et pas seulement l’option sélectionnée dans la console.
Un lecteur Blu-ray peut proposer plusieurs choix comme PCM, bitstream ou re-encode. Le PCM est pratique lorsque l’ampli ne sait pas décoder la piste originale. Le bitstream est préférable lorsque l’ampli prend lui-même en charge les formats cinéma, notamment pour préserver la gestion des canaux et des métadonnées.
Comment régler concrètement la sortie audio
Les noms changent selon les fabricants, mais la logique reste presque identique. On trouve généralement le réglage dans la section Son, Sortie audio numérique ou Format audio HDMI.
- Identifiez l’appareil qui reçoit réellement le signal, par exemple une TV, une barre de son ou un ampli AV.
- Vérifiez la connexion utilisée, notamment optique, HDMI ARC ou HDMI eARC.
- Choisissez PCM si l’équipement externe est stéréo, ancien ou incompatible avec Dolby et DTS.
- Choisissez Bitstream, Pass-through ou Auto si l’ampli doit décoder la bande-son.
- Lancez un contenu stéréo puis un contenu surround afin de vérifier le résultat.
- Contrôlez l’affichage de l’ampli et la présence de tous les canaux avant de modifier d’autres options.
Pour un téléviseur relié à une paire d’enceintes ou à un DAC externe, je partirais sur PCM stéréo à 48 kHz lorsque cette valeur est proposée. Le 44,1 kHz convient naturellement à la musique, tandis que 48 kHz est courant pour la vidéo. Forcer une fréquence supérieure ne crée pas de détails supplémentaires si la source n’en contient pas.
Sur une chaîne hi-fi, le réglage du volume mérite aussi de l’attention. Certains appareils réduisent ou modifient le niveau lors d’une conversion PCM. Si le son devient nettement plus faible, vérifiez le volume de sortie numérique, le mode fixe ou variable et les traitements comme le mode nuit ou la normalisation.
Les problèmes les plus courants avec le mode PCM
Le premier symptôme est l’absence de surround. Le téléviseur reçoit bien une piste Dolby ou DTS, mais la convertit en PCM 2.0 avant de l’envoyer à la barre de son. Dans ce cas, il faut tester le pass-through ou le bitstream, à condition que l’appareil externe sache décoder le format concerné.
Le deuxième problème est l’absence totale de son. Il apparaît lorsqu’un appareil envoie un flux bitstream que le récepteur ne comprend pas. Revenir temporairement au PCM permet souvent de confirmer le diagnostic, puis de choisir un format compatible avec les deux appareils.
Un décalage entre l’image et la parole peut également disparaître en PCM, car le téléviseur évite parfois un traitement supplémentaire du flux. Sony recommande ce changement dans certains cas de synchronisation HDMI, mais le résultat dépend du modèle et du traitement vidéo activé.
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Ce que PCM ne peut pas corriger
Le PCM ne répare pas un câble défectueux, une mauvaise sélection d’entrée ou une incompatibilité HDMI. Il ne transforme pas non plus une piste stéréo en véritable surround. Les modes d’élargissement virtuel peuvent donner une impression d’espace, mais ils ne remplacent pas un mixage multicanal.
Je me méfie aussi des réglages qui promettent une amélioration automatique grâce au 24 bits ou au 192 kHz. Ces valeurs peuvent être utiles dans certains flux haute résolution, mais elles ne compensent ni une mauvaise prise de son ni une pièce réverbérante. La stabilité de la chaîne compte davantage.
Le réglage que je recommande selon votre installation
Pour les haut-parleurs du téléviseur, une paire d’enceintes stéréo ou un casque branché sur la TV, choisissez PCM. Vous réduisez les risques d’incompatibilité et vous obtenez un signal directement exploitable par l’appareil.
Pour une barre de son compatible Dolby Atmos reliée en eARC, activez plutôt Pass-through ou Bitstream. Vérifiez ensuite que le téléviseur ne convertit pas automatiquement les applications internes en PCM stéréo.
Pour une liaison optique vers un ancien ampli, utilisez PCM si vous écoutez principalement de la musique ou des programmes stéréo. Pour le cinéma en 5.1, testez le bitstream avec Dolby Digital ou DTS, sans sélectionner un format que l’ampli ne reconnaît pas.
Pour une console ou un lecteur connecté directement à un ampli AV récent, le PCM multicanal et le bitstream peuvent tous deux fonctionner. Je laisse généralement l’ampli décoder les formats cinéma en bitstream, tandis que je choisis le PCM lorsque je veux confier le traitement du jeu ou de la musique à la source.
Le meilleur réglage est celui qui respecte toute la chaîne audio
Une sortie audio en PCM n’est ni un mode supérieur ni un mode inférieur par principe. Elle est pertinente lorsque la source doit décoder le signal, notamment avec un téléviseur, un casque ou une installation stéréo. Le bitstream prend davantage de sens lorsque l’ampli ou la barre de son possède les décodeurs nécessaires.
Mon conseil est simple. Commencez par identifier le nombre de canaux souhaité, regardez les limites de la connexion, puis comparez PCM et bitstream avec le même extrait. Si le son est stable, synchronisé et que tous les canaux fonctionnent, vous avez probablement trouvé le bon réglage, même si l’afficheur ne présente pas le format le plus impressionnant.